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Sommet du G20 : Le Brésil impose la lutte contre la faim au cœur de l’agenda mondial
Réunis à Rio de Janeiro, les chefs d’État des vingt plus grandes économies mondiales ouvrent un sommet décisif marqué par une volonté brésilienne de recentrer les débats sur les inégalités sociales et l’urgence climatique. Dans un contexte géopolitique fragmenté, la présidence de Luiz Inácio Lula da Silva cherche à obtenir des engagements concrets sur la taxation des super-riches et la création d’une Alliance mondiale contre la faim.
Une diplomatie centrée sur la réduction des inégalités
Le président brésilien a fait de la lutte contre la pauvreté le pilier central de son mandat à la tête du G20. L’initiative phare de ce sommet, l’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté, a déjà recueilli l’adhésion de nombreux pays membres et d’organisations internationales. L’objectif est de coordonner les ressources financières et les expertises techniques pour éradiquer l’insécurité alimentaire d’ici 2030, un défi de taille alors que les crises post-pandémie et les conflits ont ralenti les progrès globaux.
Parallèlement, les discussions s’orientent vers une proposition historique : l’instauration d’une taxe minimale sur les milliardaires. Bien que cette mesure suscite des réticences parmi certaines puissances occidentales, elle est perçue par les économies émergentes comme un levier indispensable pour financer la transition écologique dans les pays du Sud. Cette approche analytique des flux financiers mondiaux marque une volonté de rééquilibrer les rapports de force entre le G7 et le bloc des BRICS.
« L’insécurité alimentaire n’est pas le produit d’un manque de ressources, mais d’un manque de volonté politique et d’une répartition inéquitable des richesses à l’échelle planétaire. »
Le climat et la géopolitique en toile de fond
Le sommet de Rio se tient alors que la COP29 à Bakou peine à trouver un consensus sur le financement climatique. Le G20, responsable de 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, est sous pression pour envoyer un signal fort en faveur d’une sortie accélérée des énergies fossiles. La déclaration finale du sommet sera scrutée de près pour évaluer l’engagement des puissances à respecter les accords de Paris, malgré les incertitudes liées aux transitions politiques à venir dans certaines grandes puissances.
Enfin, les tensions en Ukraine et au Proche-Orient continuent de peser sur les négociations. Si le G20 privilégie traditionnellement les questions économiques, la fragmentation diplomatique rend difficile l’adoption d’un texte commun sans concessions majeures. Le Brésil s’efforce toutefois de maintenir une neutralité constructive, rappelant que la stabilité macroéconomique mondiale dépend étroitement de la résolution pacifique des conflits actuels.
